L’or noir monte, les États-Unis condamnent l’alliance entre l’OPEP et la Russie.
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L’or noir monte, les États-Unis condamnent l’alliance entre l’OPEP et la Russie.

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Le feuilleton de l’énergie bat son plein début octobre. Les tensions autour du secteur de l’énergie s’intensifient et deux camps s’opposent : ceux en faveur d’une gestion éclairée de nos ressources fossiles contre un oligopole capitaliste et conservateur qui souhaite conserver ses marges pour combattre le ralentissement de l’économie. Dans cet article nous vous présentons les dernières actualités liées au secteur des hydrocarbures et les conséquences du prix du baril de pétrole sur les marchés financiers et l’équilibre géopolitique.

La réunion de l’organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne s’est soldée par une baisse plus importante que celle prévue par les économistes financiers : 2 millions de barils en moins soit l’équivalent d'une baisse de 2% de la production annuelle mondiale.

Les conclusions prisent par les 13 membres de l’OPEP soulignent un alignement avec l’allié stratégique des membres de l’organisation, la Russie. Cette décision marque un temps de séparation clair entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, partenaires économiques depuis maintenant plus de 75 ans. La réduction de production de pétrole est vue comme une atteinte à la croissance des puissances occidentales encore dépendante des ressources fossiles pour leurs industries, les transports et l'agriculture.

Le gouvernement démocrate américain critique cette réduction et considère les conclusions du groupe comme “court-termistes” dans un contexte où la demande d’énergie est secouée par les différentes tensions géopolitiques russo-américaines.

Après l’annexion de 4 régions de l’Ukraine par la Russie, le consensus des membres de l’OPEP sur une réduction de production de baril semble être une décision politique stratégique forte. Comme le rapporte le Financial Times, cette décision intervient juste après l’accord euro-américain d’imposer un prix plafond sur le prix du pétrole russe afin de faire baisser le prix du baril soviétique.

Une guerre des prix des matières premières semble justifiée par les membres de l’organisation pétrolière qui voient l’industrie des hydrocarbures comme un marché compétitif sensible aux variations économiques et plus particulièrement à l’inflation qui frappe l’économie mondiale.

Le secrétaire général de l’organisation, Haitham al-Ghais affirme que cette décision est une prise de position pour garantir la “sécurité” et la “stabilité” des marchés de l’énergie.

Après la réunion, les membres de l’OPEP ont publiquement annoncé que leurs conclusions prenaient en compte un ralentissement de l’économie et particulièrement une baisse de la demande chinoise qui a fait face à une réduction des déplacements et de la demande d’hydrocarbures suite aux multiples restrictions liés à la gestion du covid sur le territoire chinois.

Rohan Reddy, directeur du pôle Recherche pour Global X ETFs confie au média américain CNBC qu’une réduction de la production pourrait entrainer :"une hausse du prix du baril aujourd’hui autour de 90$ au-dessus du seuil symbolique de 100$".

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Comme présenté dans notre dernier article précédent la réunion, cette décision profite directement aux pays producteurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite et la Russie qui a deux contrôlent près de la moitié de la production de pétrole raffiné au monde.

Malgré une baisse des volumes de ventes, l’OPEP pourra bénéficier d’une éventuelle hausse du prix de l’or noir. En effet si ce dernier s’élève aujourd’hui à 90$ le baril, une hausse de 10 à 15% de son prix permettrait aux pays alliés à la Russie d’augmenter leurs marges et alimenter la croissance de leur économies encore très dépendante de la production de cette source d’énergie.

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Après avoir confirmé un point bas à 83$ le baril vendredi 30 septembre, l’indice de référence Brent a enregistré un rebond de 12% pour atteindre 94$. Ce niveau de prix représente la dernière résistance technique de février 2022 avant une envolée du prix du baril vers les 130$. De son côté l’indice qui réplique la performance du WTI ( pétrole raffiné américain) a également effectué un point bas sur la même période à 76$ le baril et enregistre un rebond de 14% depuis.

En définitive, ces mouvements de prix sur le pétrole restent positivement corrélés au rebond des grands indices boursiers comme le S&P500 (+6%) ou du MSCI World (+2.8%). Les actions des entreprises spécialisées de l’industrie comme le géant français TotalEnergies ou le leader américain Exxon Mobile ont largement profité de cette annonce et enregistrent des hausses respectives de 10.14% et 16.88% depuis la clôture mensuelle de septembre.

Selon nous, le marché des hydrocarbures reste à surveiller avec attention dans les prochaines semaines. Si le prix de l’or noir reste significativement haut si on le compare à sa moyenne au cours des dernières années, son prix pourrait continuer son ascension dans les prochains mois.

Malgré la crise énergétique en Europe et les tensions géopolitiques entre la Russie (et ses alliés notamment la Chine et les membres de l’OPEP) et la première puissance économique mondiale, nous assistons à une pression de l’offre disponible qui devrait entrainer une remonté des prix pour répondre aux besoins énergétiques avant l’hiver.

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Enfin, une hausse des prix des matières premières comme le pétrole, devrait impacter l’ensemble du marché des énergies fossiles et renouvelables, mais également la performance du secteur automobile comprenant les constructeurs de véhicules thermiques et le marché des voitures électriques.

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Source : Wall Street Journal, Bloomberg, CNBC, Financial Times

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Après avoir validé un Bachelor of Science HES-SO en hôtellerie et professions de l'accueil, Jules fait ses premiers pas dans l'investissement grâce aux cryptomonnaies et à la finance décentralisée. Passionné par les nouvelles technologies et l'innovation, il traite des sujets relatifs aux finances personnelles, aux crypto-monnaies, aux marchés financiers et à l'investissement en général
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